lundi 20 mai 2013

Accidents de charettes à Buxerolles

 Vu dans le registre paroissial de Buxerolles (86)
 

"Le 13éme jour de septembre 1735 est mort et a été inhumé Pierre Bastard, métayer de "la barre", sur lequel le jour précédent sa charrette passa sur lui, cassa l'épaule et une cuisse (?) et fut retrouvé par un appelé Gendron, et soigné par un appelé Froger qui lui tira tant de sang qu'il en a perdu la vie...."
 

"Le 19éme jour du mois d'août 1744 a été inhumé dans le cimetière Jacques MOUNIE, mort sur le grand chemin de "l'essart" à (?) par accident. Une charrette chargée de fagots lui a renversé sur le corps, lequel a resté plus de 24 heures sur la place exposé aux mouches et en danger d'être mangé par les loups ou les chiens [....]."

Le phrase la plus énigmatique pour moi dans cet acte est la suivante : 
"Je l'ai enterré craignant plus grande corruption en présence de...."
 De quelle corruption parle-t-on ? La corruption de l'âme ?

jeudi 16 mai 2013

Saint Philibert à Liaigues

Liaigues est une ancienne commune de la Vienne, très petite. Si petite que pour une année, l'ensemble des actes de naissances, sépultures et mariages tiennent entre 2 et 4 pages.
En 1716 et 1717, le curé inscrit deux notes sur les registres qui nous racontent deux évènements majeures pour cette paroisse de Saint Philibert.


Au mois de may de cette année 1716, le calice de cette paroisse a été échangé et refait tout à neuf, et a été fait et donné un ciboire, donné une chasuble et une aube par les Révérends pères bénédictins de Saint Cyprien de Poitiers et autres donateurs. Pareillement par eux, le choeur de cette église a été recouvert et reposé. Par Madame la Comtesse de Poitiers a été donné une autre chasuble, une custode, et la bourse pour porter le Saint viatique aux malades avec une autre bourses à corporaux garnie d'un corporal et d'un voile de calice.
Les habitants ont aussi fait recouvrir la nef et ont fait garnir le vitrail de laditte nef. Le tout par Sel, soins (?) et sollicitudes et quelques frais du curé soussigné qui a donné dans le même temps un encensoir, et navette, un bénitier, un devant d'autel, un dais, un bassin de plomb pour les eaux de baptême. Ne s'étant trouvé dans l'église de cette ditte paroisse pour tous ornements qu'une petite chasuble et un autel très pauvre. Pareillement, le curé a fait démolir et rétablir l'ancien presbytère qui est proche l'église a ses propres frais sans en avoir remboursé aucune chose ny des héritiers des précédents curés, ny des habitants, l'avant trouvé prêt de tomber en ruine et en [?], y'en ayant déjà une grande partie, en un mot, il lui en a cousté plus de cent pistolles. Le tout a été certifié par les habitants.

Pour l'utilité de tous ces objets de culte, je vous renvoie vers la page Wikipédia dédiée :)
Et quelques pages plus loin, les travaux continuent !


Au mois de may 1717, le curé à fait faire et construire une sacristie à son église à ses coûts et dépens.
A pareillement fait faire le mur de sa grande vigne du côté de "Puzé" et à laissé environ quatre pieds de largeur de terrain au délà dudit mur qui lui appartiennent afin d'avoir la liberté d'aller et faire le tour de son dit clos, et le sir (?) Mereau, procureur à Poitiers à qui appartient la vigne qui est proche ledit clos l'ayant aquesté de Mrs De Menou, ne peut rien appuyer contre ledit mur. Le tout vérifié et certifié par la visite de M. Antoine Delavault et Michel Brunet, entrepreneurs massons en présence des habitant soussignés. [pas sur du tout de ma retranscription à certains endroits....]

De biens beaux efforts pour restaurer l'église de Liaigues et l'équiper pour ses futures messes, malheureusement après la Révolution Française, l'église connut un autre sort.

En effet, le curé PINSON, ne se plia pas à la volonté de la nouvelle république et ne prêta pas serment. Il fut alors considéré comme "incivique" et se se fit clandestin.

Une lettre du maire de l'époque, Louis Elzéard Bourgnon, au nom de la société populaire de Champigny dont il est membre, le dénonce même : [source : Maisonneuve86. Merci à eux]

"Liaigues le 11 février 1791Messieurs, Nous avons l'honneur de vous prévenir que le 30 janvier dernier, étant à la messe paroissiale de Liaigues, le sieur Antoine Pinson eut la témérité de prêcher publiquement contre notre sage constitution jusqu'au point qu'il avança que si on envoyait un autre curé pour le rem placer, il ne pourrait validement administrer les sacrements aux paroissiens et que la constitution attaquait notre sainte religion. Il se serait encore bien plus emporté contre notre souverain si le maire soussigné ne se fût opposé à ses discours fanatiques et incendiaires. 
C'est, messieurs, seulement comme citoyens et amis de la paix et du bon ordre que nous vous faisons la présente déclaration afin que vous en disposiez comme votre patriotisme et la prudence ordinaire qui président à votre respectable assemblée vous le dicteront. Nous avons l'honneur d'être très respectueusement, messieurs, vos très humbles et très obéissants serviteurs et compatriotes.
L.E. Bourgnon, maire de Liaigues Morry, officier municipal "  

Quelques années après, la paroisse puis la commune furent rattachés à la commune de Champigny-le-sec, et l'église tomba définitivement en ruine et à l'abandon.
Qu'en reste-t-il aujourd'hui, pas grand chose apparemment...

mercredi 1 mai 2013

La Jamais contente

En ce 1er mai, il me semble important de souligner qu'il y a précisément 114 ans, un pilote belge battait le record de monde de vitesse à bord d'une voiture électrique qui s'appellait "La Jamais contente".
Cette voiture en forme d'obus, d'un poids d'1.5 tonne, dont la moitié à cause des batteries, était la création de la Compagnie belge des transports automobiles Jenatzy, du nom de son fondateur.

Camille Jenatzy et sa "Jamais contente"


Le marché de l'automobile commençait à prendre de l'importance et il fallait se démarquer de ses concurrents, et l'important à l'époque, c'était la vitesse.



Source Journal "A travers le monde 1899" Gallica


45 minutes d'autonomie pour rouler à 80 - 90 Km/h, c'était quand même une belle prouesse pour l'époque, je me demande même si ce n'est pas plus rentable que nos voitures électriques actuelles, en un peu moins pratique pour loger les courses :)

mardi 30 avril 2013

Z comme Zombie

Oui d'accord, c'est un peu facile, mais à la fin de ce challenge, j'arrive à cours d'idée, surtout avec les lettres de fin d'alphabet :)

Alors, vu dans le registre paroissial de Saint-Hilaire de Jardres (86) en 1745, ce dessin qui m'a de suite évoqué un prêtre zombie ! Franchement, on y croirait non ? Un peu flippant tout de même....


Le challenge touche à sa fin, merci à Sophie et à sa Gazette des ancêtres pour ce défi qui m'a personnellement permis de découvrir plein de blogs et de billets forts intéressants !
Et bravo à tous pour tous ces articles (plus de 1300 si je n'abuse en un mois !)


dimanche 28 avril 2013

Y comme YSORÉ d'HERVAULT de PLEUMARTIN

ou YSORE de PLEUMARTIN d'HERVAULT, ou YSORE d'HERVAULT, tout dépend des époques.
Des illustres familles originaires de la Vienne, en voilà une qui me plait énormément.
Son nom de famille est déjà un régal pour les yeux, les prénoms des membres qui la composent sont eux aussi savoureux, et sans compter sur l'histoire même de cette famille, tous les ingrédients sont réunis pour une belle aventure !
Je vais vous narrer la rencontre que j'ai eu avec cette famille, et de façon anté-chronologique.
Tout à débuter lorsque je faisais le recensement de mes Poilus de la Vienne (je ne pouvais faire ce "Challenge de A à Z" sans vous parler d'un soldat de la Grande Guerre quand même). Dans une des tables annuelles, je suis tombé sur le soldat : YSORE de PLEUMARTIN d'HERVAULT Marie Louis Jules Antoine. Forcément, avec un nom pareil, j'ai voulu en savoir plus, j'ai donc été voir son registre matricule :


Celui-ci nous apprend que le sieur Marie Louis Jules Antoine, est étudiant en Droit, qu'il est né à Paris en 1884, mais réside à Pleumartin (86). Il faisait la taille d'1m75, et a été  exempté en 1906 pour cause de "Bronchite spécifique".


Puis, on append qu'il s'est porté volontaire pour aller se battre au Front, au sein d'un Régiment de Dragons. Il gravira rapidement les échelons pour être nommé "Maréchal des Logis". Malheureusement, il sera réformé temporaire en août 1916 à cause d'une "bronchite suspecte", et effectivement, celle-ci lui sera fatale puisqu'il décédera le 11 juillet 1917.

Sa citation à l'ordre du régiment et sa Croix de Guerre avec étoile de bronze nous montrent qu'il ne devait tout de même pas manquer de courage !

Je suis ensuite parti à la recherche de renseignements sur cette famille, et j'ai commencé à compulser les registres de Pleumartin.
En 1896, j'ai trouvé l'acte de décès de Marie Anne Antoine YSORE d'HERVAULT de PLEUMARTIN, 7éme marquis de Pleumartin. Il est le grand père de Marie Louis Jules Antoine.



Son acte de décès nous apprend qu'il était le fils d'Angadrême Louis François YSORE, marquis d'Hervault, et Marquis de Pleumartin .
Il a aussi été maire de Pleumartin, et ancien conseiller général de la Vienne et le Président de la société de secours mutuels de Pleumartin.

Il est décédé à l'âge de 68 ans, il était alors veuf par deux fois, et surtout il avait perdu son fils 9 ans plus tôt, mort à Alger en 1887à l'âge de 30 ans.


Angadrême Louis François est décédé à Pleumartin en 1856 :



Ainsi que son acte de naissance. Je suis assez fan du prénom Angadrême, qui me semblait être un prénom purement féminin mais après tout, pourquoi pas :)


S'en suit le mariage de Armand Louis François YSORE, Marquis de Pleumartin, et Seigneur de la Roche-Posay, et autres lieux avec Andragême Armande de CARVOISIN en 1784 à Lésigny (86)

 
 

Un genre d'acte de mariage qui ne passe pas inaperçu dans le registre de cette petite paroisse.
L'histoire commence à se gâter pour Marie Victor Nicolas, le père d'Armand Louis François YSORE, comme on peut le lire dans le livre "La Noblesse de France et l'opinion publique au XVIIIéme siècle", par Henri Carré :








 [....]










Cet épisode est quelque peu fâcheux, il vient entacher la réputation de cette famille de haut rang. On la retrouve même dans "le Dictionnaire Universel de la Noblesse de France" de 1821(Source : Gallica)

 

 Il y a encore beaucoup à dire sur cette famille, j'aurai pu parler notamment de Mathieu YSORE d'HERVAULT qui fut archevêque de Tours en 1694, mais il faut savoir s'arrêter au risque de faire un article (déjà) trop long :)

vendredi 26 avril 2013

X comme XXX

Ca fait toujours sourire de voir écrit en marge des registres protestants, le terme "Copulation". On peut imaginer les pires commentaires que peut écrire le pasteur dans son registre. Il n'en est rien en fait :)

Le mariage n'est pas un sacrement pour les protestants, et cette union peut donc être "consommée" bien avant cette cérémonie qui ne sert que de bénédiction.




























Ici, un acte de la paroisse protestante de Bouxwiller (67)

D'autant plus que j'ai été poussé par l'ami Bruno depuis le mariage pour tous ;)

W comme Wild West Show


En septembre 1905, à Poitiers, a eu lieu un show international !
Le Wild West Show a été créé en 1883 par William Frederick Cody, alias Buffalo Bill, le chasseur de bisons, héros de l'Ouest américain qu'on ne présente plus.

La venue a Poitiers de ce spectacle a passionné les foules qui se sont fait un plaisir de venir voir tous ces "cow-boys, indiens, et autres curiosités légendaires venus tout droit de l'autre côté du globe.
De la publicité était même publiée dans la presse locale pour attirer le chaland.



Et forcément le succès a été au rendez vous :


 
 

Je me demande juste pourquoi des troupes impériales japonaises se sont retrouvés au milieu d'indiens et de cow-boys, mais on va dire qu'il fallait susciter la curiosité de tous.
Un show avec des "scènes émouvantes et intéressantes", ça ne se refuse pas !

jeudi 25 avril 2013

V comme Vent de Verrue

Vive le vent, vive le vent d'hiver, qui s'en va soufflant sifflant, secouer les presbytères....

Vu dans le registre de la commune de Verrue (86) pour l'année 1711. Ca a soufflé !


"Que le dixième jour du mois de décembre 1711, depuis les sept heures du matin jusque vers les dix heures se fit un vent et un orage si furieux et si véhément qu'il ne s'en est de vie d'homme [...?...] senti un pareil. Il a arraché et brisé quantité d'arbres et s'ils avaient été feuillus, il n'en auroit resté aucun.
Il a de plus découvert découvert presque tous les édifices, particulièrement les églises et autres hauts lieux. Il a fait à celle-ci et rompu la Croix du cimetière et fait quantité d'autres ravages dans ces contrées [..?..] a bas des cheminées qui ont brisé les logis en tombant, renversé en quelques endroits des clochers et ruiné entièrement la couverture  de charpente de la nef de l'église de Faye-la-Vineuse.
Ce vent commença dès le soir et dura toute la nuit à faire trembler les logis, mais sa grande impétuosité se fit sur le soleil levant, qui parut quelques temps, comme enflammé. En un mot, c'est la plus rude tempête qui se soit fait sentir depuis un siècle.
"

mardi 23 avril 2013

T comme Travail

Le 23 avril 1919, il y a précisément 94 ans était votée la loi sur la journée de travail à 8 heures, ainsi que l'instauration du jour férié pour le 1er mai.
Loi majeure qui a fait forcément débat entre le besoin de relever la France après la Grande Guerre (et donc de maintenir une production toujours plus gourmande -compétitive dirait on aujourd'hui), et la nécessité de calmer les classes ouvrières qui avaient déjà tant souffert de la guerre.

Naturellement, les journaux de l'époque regorgent d'articles sur le sujet, mais on peut voir que le Sénat n'a pas modifié un seul mot du texte de loi qui provenait de l'Assemblée Nationale. Cette loi semblait être une véritable priorité pour répondre à la demande du peuple, et faire écho à ce qui se faisait déjà dans le monde en terme de temps de travail.


Journal " L'ouest Eclair" du 24 avril 1924 (vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir)
(Source : Gallica)





















Les billets d'humour aussi vont bon train :



Les hommes étaient revenus du front, les femmes commençaient à trouver leurs places dans le monde  du travail bien souvent réservé aux hommes, et de par le fait, il fallait partager ce travail.
Notons que les semaines faisaient tout de même 6 jours travaillés, c'était donc des semaines de 48 heures......