mardi 21 février 2012

Quand Bacchus se met au service de la Providence !

Le curé d'Angles-sur-Anglin dans les années 1780 non seulement tenait admirablement bien son registre, mais il aimait à se laisser aller à quelques commentaires et remarques. Comme cette note que l'on peut retrouver en fin de registre pour l'année 1784.

 
"On ne peut s'empêcher de faire une remarque sur le mois de Mai qui est celui qui a fait ressusciter Bacchus, effectivement ce bois tortu n'avait encore rien passé et tous les vignerons et les intéressés aux dîmes de cette nature désespéraient sur cet amas. Je puis avouer franchement et sincèrement dans mon particulier lorsque je fis apercevoir dans mon jardin aux jours premiers de Juin, que j'en avais communément passés fleurs, ainsi mon admiration [concernant la Providence]  ne fut pas vaine sur la qualité et la quantité, cette fleur étant totalement passée le vingt cinq dudit mois de Juin."

Le "bois tortu" est bien évidemment la vigne, et notre bon curé de village semblait s'inquiéter de voir que les prochaines vendanges pourraient être mauvaises ! 

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 Je viens de mettre à jour l'article, sur les remarques de Pierre Bourcheix qui m'informe que pour la vigne, on dit "qu'elle passe fleur" (et non pas qu'elle pousse fleur comme je l'avais mentionné).
Merci à lui pour cette correction :)

mercredi 15 février 2012

Les aventures de ma famille PREVOST


Je vous ai déjà parlé de la famille de mon arrière grand-mère Marcelle PROVAULT dans ce billet.
On pouvait voir que la famille PROVAULT était quelque peu "rebelle" et avait quelques démêlées avec la justice, notamment mon arrière arrière grand-père Louis.

Et bien en épluchant la presse locale pour les années 1889 - 1890, on parle souvent de mes aïeux, surtout dans la partie "Tribunal correctionnel de Poitiers" :)

Sur Poitiers, une des activités illégales très en vogue à l'époque était de se rendre sur le champ de tir du Polygone et de récupérer les débris de projectiles (pour les revendre au kilo j'imagine).
La famille PROVAULT / PREVOST ne coupant pas à cette tradition !
Ici, l'article ne précise pas si c'est la mère ou une des soeurs de Louis qui est prise la main dans le sac...

Journal - Avenir de la Vienne 1889

Le 18 juillet 1890, il s'agit bien de Louis qui écope de 4 mois de prison pour le vol de débris, mais sa peine est réduite à 1 mois. En fait, Louis a déjà été condamné le 31 décembre 1889 a être affecté au 4éme Bataillon d'infanterie légère d'Afrique, et cette affectation commence le 14 août 1890 (pour mémoire, Louis a été réformé pour cause de "petite taille" mais je pense que vu son casier judiciaire, la justice n'a trouvé que ce moyen là pour calmer l'énergumène). A mon avis, ça n'a pas du tout marché, puisque Louis sera réformé en 1895 pour perte de l'oeil gauche....


Journal - Avenir de la Vienne 1890

Une petite histoire de coups et blessures pour les deux frères à Louis, cette fois-ci, en famille, c'est toujours plus agréable !





Et enfin, la cerise sur le gâteau ! Ca reste pour moi un grand moment de fou rire d'avoir lu cela dans le journal l'Avenir de la Vienne en 1889.
Rendu maire de la rue, il disait à tous ceux qui l'entouraient : " Qui est ce qui en veut des coups de poing ?"



Un sacré personnage cet aïeul !

Notons que son acte de naissance est bien au nom de PROVAULT, mais que son père est bien un PREVOST. Erreur classique de saisie dans les registres avec un nom aux écritures multiples !

jeudi 9 février 2012

L'hiver 1782 à Angles-sur-Anglin

En ce jour de grand froid, je me devais de sortir ce témoignage du curé d'Angles-sur-Anglin (86) de l'hiver 1782, ou le pauvre bougre a connu quelques gros soucis de santé !



On peut voir aussi que les enfants de la commune ont connus une grosse épidémie de varicelle, aussi appelé "la picote", qui les ont "marqués".

Le curé précise que le vin a été produit en quantité, mais que la qualité n'était pas au rendez-vous !


 Merci pour ce témoignage de l'époque monsieur le curé !

dimanche 5 février 2012

Envoyer l'huissier à l'Eglise !

Commune de Pindray (86), j'ai trouvé dans le registre paroissial 1706-1737, ce billet volant glissé dans le registre...


Je ne sais pas à quel "arrest" le texte fait référence, mais en tout cas, ça ne rigole pas !

jeudi 2 février 2012

Les surnoms d'Angles-sur-Anglin

Je ne résiste pas à l'envie de partager ces quelques trouvailles faites dans les registres paroissiaux d'Angles-sur-Anglin, commune de la Vienne (connue nationalement pour son label "les plus beaux villages de France")


Le curé a en effet eu la bonne idée d'indiquer les surnoms de ces paroissiens dans les actes qu'il remplissait.
Et je trouve ça plutôt marrant de voir qu'un surnom peut venir d'une profession, d'un qualificatif, d'un lieu,et puis certains sobriquets d'origine totalement inconnue, du moins, pour ma part :)






















Et un petit florilège des surnoms que je trouve les plus originaux :)
 





























Des surnoms particulièrement cocasses : "Noeuf-Molet", "Sanscû", "Minette", "La douceur", "Gourdin"!
Sachant que certains de ces "pseudo" pouvaient se transmettre de père en fils, où de mère en fille !

lundi 30 janvier 2012

Ces drôles de barbouillages...

En explorant les registres paroissiaux (1669 - 1730) de la commune de Saint-Martin-la-Rivière (86), je suis tombé sur cette note de première page qui parle de "barbouillages" :

Forcément, cela a tout de suite éveillé ma curiosité naturelle, et je me suis donc lancé dans l'épluchage de ces registres. Et effectivement, quelques pages plus loin, voila sur quoi je suis tombé :


On peut deviner qu'il est écrit : "Requiem de France fut donné en régence à....."


et ici : "Hélas que ne puis je être une faune". [?]

Alors là, pour moi, je ne comprends absolument pas....
Si je replace tout ceci dans l'Histoire, en 1715, c'est la date de décès de Louis XIV, pour lequel il a eu droit à une messe de requiem célébrée à la chapelle de Versailles. Mais impossible de dire si tout cela a un lien.

Amis historiens, beaucoup plus calés que moi sur la question, je suis preneur de toutes informations !
En tout cas, les registres paroissiaux restent tout de même un sacré témoignage du temps qui passe !

lundi 16 janvier 2012

La Bénédiction du drapeau Français

Vu dans les registres paroissiaux de 1789 de Montmorillon, dans la Vienne.
La bénédiction du drapeau tricolore après la Révolution française !



 "L'an mil sept cent quatre vingts neuf, et le trentième jour de mois d'Août nous a été présenté par MM les officiers de la maison de ville et la milice nationale un drapeau pour lui donner la bénédiction....."
  

 "prière des dits sieurs officiers de ladite maison de ville et de la milice nationale chanté un Te Deum en action de grâce de lumière des trois ordre représenté même par le mélange dudit drapeau de couleurs rouge, blanche et bleue...."

Suivi des signatures.


Notons que le drapeau français deviendra officiellement tricolore en 1794, et dans l'ordre Bleu - Blanc - Rouge, mais ces origines remontent bien à la Révolution française, à l'image des cocardes portées par les Révolutionnaires....
Ici, le drapeau présenté est Rouge - Blanc - Bleu, premier pavillon national, aux 3 couleurs de même largeur pour représenter l'égalité parfaite entre tous...

mercredi 4 janvier 2012

Johann Reinhard III Comte de Hanau-Lichtenberg

portrait  de Johann Reinhard III
par Johann Christian Fiedler
- musée de Strasbourg-
En continuant mes recherches dans les registres paroissiaux de l'église protestante de Bouxwiller, commune du Bas-rhin, je suis tombé sur l'acte de mariage, ou plutôt de célébration du mariage, de Johann Reinhard III Comte de Hanau-Lichtenberg et de son épouse Friderica Dorothea Comtesse de Brandeburg.

Ce mariage eut lieu le 20 (ou le 30) août 1699.

Johann Reinhard III de Hanau-Lichtenberg est né le 31 juillet 1665 à Bischofsheim. Il est le dernier Comte du Hanau-Lichtenberg.

Friderica Dorothea, Comtesse de Brandeburg  est née le 12 août 1676 à Ansbach.
Elle est la demi-soeur de Caroline of Great Britain, la femme du roi Georges II.


























Cette annonce est suivie de tout un tas de louanges en allemand dans le texte, et d'illustrations diverses et variées.



La commune de Bouxwiller était le siège du gouvernement du Lichtenberg du 12éme siècle jusqu'à la
Révolution française.
Le Comte Philippe IV (1514-1590) était particulièrement favorable à la Réforme luthérienne, si bien qu'il fait de Bouxwiller, une paroisse protestante.
Durant la Guerre de 30 ans (1618-1648), n'ayant pas vraiment les moyens de prendre part au conflit, le Comte en place, Johann Reinhard I, exerce une politique de neutralité.
Mais en 1648, le comté était affaibli, et le traité de Münster fut signé pour garantir la pleine possession de ses terres au Comte actuel du Lichtenberg, Frédéric Casimir, qui se trouvait toujours placé sous souveraineté de l'Empire Germanique. Bouxwiller était alors toujours luthérienne, au grand dam du roi de France.

Et c'est en 1680, que le Comte Frédéric Casimir dût prêter serment d'allégeance au Roi de France, Louis XIV s'il ne voulait pas perdre la partie alsacienne de son comté.

En 1685, Frédéric Casimir, après 44 ans de règne, mourut et se fut Johann Reinhard III qui prit la succession de 1685 à 1736.

Comme tous les Comtes précédents, ce dernier résidait dans le château seigneuriale de Bouxwiller, pour lequel il apporta quelques modifications, notamment au niveau des jardins d'agrément à l'image des jardins de Versailles de Louis XIV. A cette époque, Bouxwiller était même surnommée Le Petit Versailles.

Entre 1730 et 1736, on lui doit aussi notamment la construction de l'hôtel de Hanau à Strasbourg, qui est actuellement l'hôtel de ville.

jeudi 29 décembre 2011

Quel timing !

En poursuivant mes recherches du côté de la famille de mon épouse, je viens de me rendre compte d'un petit détail sympathique concernant son arrière arrière grand-mère Marie Léonie MONGEVILLE !

En effet, celle-ci est née le 1er juillet 1868 à 11 heures.


Rien de bien exceptionnel jusqu'ici, sauf que le mariage de ses parents a eu lieu le 1er juillet 1868 à 10 heures !



Quelle journée ! L'émotion du mariage sans doute :)

Marie Léonie MONGEVILLE épousera  Jules Arthur PERIN en 1887 qui deviendra l'aubergiste de Rambluzin dans la Meuse !

mardi 27 décembre 2011

Mon grand oncle : Louis Désire Vissac

Je vous parlais il y a quelques temps de mon aïeul Louis PROVAULT, cet arrière arrière grand-père au passé judiciaire sulfureux.
Louis épouse Eugénie VISSAC en 1895 à Poitiers. J'ai fait quelques recherches sur le frère d'Eugénie, et on peut dire que les deux familles se sont bien trouvées :)

Son frère Louis Désiré VISSAC a lui aussi connu quelques mésaventures avec la justice, et semble être un sacré personnage, notamment durant la Grande Guerre !




Son registre matricule nous apprend qu'en 1906, il avait déjà des brulures au bras droit et à la joue droite, plutôt étrange....




On peut aussi apprendre que son degré d'instruction générale était de zéro.Il ne savait donc ni lire, ni écrire.








et on apprend aussi que son certificat de bonne conduite lui a été refusé durant ses classes....


Vient ensuite la lecture des "détails des services", et là, ça continue de se corser....



Durant la Grande Guerre, ce grand oncle a souvent été mis en arrêt pour "maladie".

En 1915, il a été hospitalisé à Melun, Orléans, et même à Berck Plage !

On ne devait pas pouvoir être hospitalisé sans raison durant cette satanée Guerre, je ne pense donc pas que ce soit pour "tirer-au-flanc". Pourtant le personnage a l'air d'être un sacré marginal !

Il sera fait prisonnier de guerre durant la bataille du Chemin des Dames ! Un coup de chance finalement, comparativement au nombre de morts durant ces longs mois d'assaut !



Son registre matricule nous apprend même qu'il a été arrêté et condamné pour "mendicité en réunion" du côté de Loudun ! Et effectivement, on retrouve ce fait relaté dans la presse locale de 1924 !

Quelle famille !