dimanche 5 février 2012

Envoyer l'huissier à l'Eglise !

Commune de Pindray (86), j'ai trouvé dans le registre paroissial 1706-1737, ce billet volant glissé dans le registre...


Je ne sais pas à quel "arrest" le texte fait référence, mais en tout cas, ça ne rigole pas !

jeudi 2 février 2012

Les surnoms d'Angles-sur-Anglin

Je ne résiste pas à l'envie de partager ces quelques trouvailles faites dans les registres paroissiaux d'Angles-sur-Anglin, commune de la Vienne (connue nationalement pour son label "les plus beaux villages de France")


Le curé a en effet eu la bonne idée d'indiquer les surnoms de ces paroissiens dans les actes qu'il remplissait.
Et je trouve ça plutôt marrant de voir qu'un surnom peut venir d'une profession, d'un qualificatif, d'un lieu,et puis certains sobriquets d'origine totalement inconnue, du moins, pour ma part :)






















Et un petit florilège des surnoms que je trouve les plus originaux :)
 





























Des surnoms particulièrement cocasses : "Noeuf-Molet", "Sanscû", "Minette", "La douceur", "Gourdin"!
Sachant que certains de ces "pseudo" pouvaient se transmettre de père en fils, où de mère en fille !

lundi 30 janvier 2012

Ces drôles de barbouillages...

En explorant les registres paroissiaux (1669 - 1730) de la commune de Saint-Martin-la-Rivière (86), je suis tombé sur cette note de première page qui parle de "barbouillages" :

Forcément, cela a tout de suite éveillé ma curiosité naturelle, et je me suis donc lancé dans l'épluchage de ces registres. Et effectivement, quelques pages plus loin, voila sur quoi je suis tombé :


On peut deviner qu'il est écrit : "Requiem de France fut donné en régence à....."


et ici : "Hélas que ne puis je être une faune". [?]

Alors là, pour moi, je ne comprends absolument pas....
Si je replace tout ceci dans l'Histoire, en 1715, c'est la date de décès de Louis XIV, pour lequel il a eu droit à une messe de requiem célébrée à la chapelle de Versailles. Mais impossible de dire si tout cela a un lien.

Amis historiens, beaucoup plus calés que moi sur la question, je suis preneur de toutes informations !
En tout cas, les registres paroissiaux restent tout de même un sacré témoignage du temps qui passe !

lundi 16 janvier 2012

La Bénédiction du drapeau Français

Vu dans les registres paroissiaux de 1789 de Montmorillon, dans la Vienne.
La bénédiction du drapeau tricolore après la Révolution française !



 "L'an mil sept cent quatre vingts neuf, et le trentième jour de mois d'Août nous a été présenté par MM les officiers de la maison de ville et la milice nationale un drapeau pour lui donner la bénédiction....."
  

 "prière des dits sieurs officiers de ladite maison de ville et de la milice nationale chanté un Te Deum en action de grâce de lumière des trois ordre représenté même par le mélange dudit drapeau de couleurs rouge, blanche et bleue...."

Suivi des signatures.


Notons que le drapeau français deviendra officiellement tricolore en 1794, et dans l'ordre Bleu - Blanc - Rouge, mais ces origines remontent bien à la Révolution française, à l'image des cocardes portées par les Révolutionnaires....
Ici, le drapeau présenté est Rouge - Blanc - Bleu, premier pavillon national, aux 3 couleurs de même largeur pour représenter l'égalité parfaite entre tous...

mercredi 4 janvier 2012

Johann Reinhard III Comte de Hanau-Lichtenberg

portrait  de Johann Reinhard III
par Johann Christian Fiedler
- musée de Strasbourg-
En continuant mes recherches dans les registres paroissiaux de l'église protestante de Bouxwiller, commune du Bas-rhin, je suis tombé sur l'acte de mariage, ou plutôt de célébration du mariage, de Johann Reinhard III Comte de Hanau-Lichtenberg et de son épouse Friderica Dorothea Comtesse de Brandeburg.

Ce mariage eut lieu le 20 (ou le 30) août 1699.

Johann Reinhard III de Hanau-Lichtenberg est né le 31 juillet 1665 à Bischofsheim. Il est le dernier Comte du Hanau-Lichtenberg.

Friderica Dorothea, Comtesse de Brandeburg  est née le 12 août 1676 à Ansbach.
Elle est la demi-soeur de Caroline of Great Britain, la femme du roi Georges II.


























Cette annonce est suivie de tout un tas de louanges en allemand dans le texte, et d'illustrations diverses et variées.



La commune de Bouxwiller était le siège du gouvernement du Lichtenberg du 12éme siècle jusqu'à la
Révolution française.
Le Comte Philippe IV (1514-1590) était particulièrement favorable à la Réforme luthérienne, si bien qu'il fait de Bouxwiller, une paroisse protestante.
Durant la Guerre de 30 ans (1618-1648), n'ayant pas vraiment les moyens de prendre part au conflit, le Comte en place, Johann Reinhard I, exerce une politique de neutralité.
Mais en 1648, le comté était affaibli, et le traité de Münster fut signé pour garantir la pleine possession de ses terres au Comte actuel du Lichtenberg, Frédéric Casimir, qui se trouvait toujours placé sous souveraineté de l'Empire Germanique. Bouxwiller était alors toujours luthérienne, au grand dam du roi de France.

Et c'est en 1680, que le Comte Frédéric Casimir dût prêter serment d'allégeance au Roi de France, Louis XIV s'il ne voulait pas perdre la partie alsacienne de son comté.

En 1685, Frédéric Casimir, après 44 ans de règne, mourut et se fut Johann Reinhard III qui prit la succession de 1685 à 1736.

Comme tous les Comtes précédents, ce dernier résidait dans le château seigneuriale de Bouxwiller, pour lequel il apporta quelques modifications, notamment au niveau des jardins d'agrément à l'image des jardins de Versailles de Louis XIV. A cette époque, Bouxwiller était même surnommée Le Petit Versailles.

Entre 1730 et 1736, on lui doit aussi notamment la construction de l'hôtel de Hanau à Strasbourg, qui est actuellement l'hôtel de ville.

jeudi 29 décembre 2011

Quel timing !

En poursuivant mes recherches du côté de la famille de mon épouse, je viens de me rendre compte d'un petit détail sympathique concernant son arrière arrière grand-mère Marie Léonie MONGEVILLE !

En effet, celle-ci est née le 1er juillet 1868 à 11 heures.


Rien de bien exceptionnel jusqu'ici, sauf que le mariage de ses parents a eu lieu le 1er juillet 1868 à 10 heures !



Quelle journée ! L'émotion du mariage sans doute :)

Marie Léonie MONGEVILLE épousera  Jules Arthur PERIN en 1887 qui deviendra l'aubergiste de Rambluzin dans la Meuse !

mardi 27 décembre 2011

Mon grand oncle : Louis Désire Vissac

Je vous parlais il y a quelques temps de mon aïeul Louis PROVAULT, cet arrière arrière grand-père au passé judiciaire sulfureux.
Louis épouse Eugénie VISSAC en 1895 à Poitiers. J'ai fait quelques recherches sur le frère d'Eugénie, et on peut dire que les deux familles se sont bien trouvées :)

Son frère Louis Désiré VISSAC a lui aussi connu quelques mésaventures avec la justice, et semble être un sacré personnage, notamment durant la Grande Guerre !




Son registre matricule nous apprend qu'en 1906, il avait déjà des brulures au bras droit et à la joue droite, plutôt étrange....




On peut aussi apprendre que son degré d'instruction générale était de zéro.Il ne savait donc ni lire, ni écrire.








et on apprend aussi que son certificat de bonne conduite lui a été refusé durant ses classes....


Vient ensuite la lecture des "détails des services", et là, ça continue de se corser....



Durant la Grande Guerre, ce grand oncle a souvent été mis en arrêt pour "maladie".

En 1915, il a été hospitalisé à Melun, Orléans, et même à Berck Plage !

On ne devait pas pouvoir être hospitalisé sans raison durant cette satanée Guerre, je ne pense donc pas que ce soit pour "tirer-au-flanc". Pourtant le personnage a l'air d'être un sacré marginal !

Il sera fait prisonnier de guerre durant la bataille du Chemin des Dames ! Un coup de chance finalement, comparativement au nombre de morts durant ces longs mois d'assaut !



Son registre matricule nous apprend même qu'il a été arrêté et condamné pour "mendicité en réunion" du côté de Loudun ! Et effectivement, on retrouve ce fait relaté dans la presse locale de 1924 !

Quelle famille !

samedi 10 décembre 2011

Métier d'antan - L'Arquebusier

Dans les registres paroissiaux de La Bussière (86), je suis tombé sur l'acte d'inhumation, en date du 02 janvier 1693, de Charles BOUTIN, dont la profession était "Arquebusier" !


Je pense que dans ce cas, l'Arquebusier n'est pas le soldat qui utilise l'Arquebuse, ce "fusil" imposant qui sera remplacé plus tard par le mousquet, mais plutôt l'artisan qui confectionnait des armes à feu, et des canons.

Il existe un très bon article tiré de "l'Encyclopédie des Sciences, des Arts et des Métiers" qui nous apprend tout sur le sujet ! Passionnant !

vendredi 9 décembre 2011

l'Edit du roi Henri II

Dans les registres paroissiaux de Saint-Pierre de Maillé (86), je suis tombé, en fin de registre de l'année 1768, sur une note écrite du curé de la paroisse.

"Je soussigné curé de la paroisse de St Pierre de Maillé, certifie que l'année dernière l'Edit du roi Henry II de 1556 à été publié de trois mois en trois mois, au prône des messes paroissiales de trois mois en trois mois".

Mes modestes connaissances ne m'ont pas permis de me rappeler ce fameux Edit, alors j'ai entamé quelques recherches.
En fait, devant la recrudescence des grossesses et accouchements cachés, et afin de prévenir l'abandon et donc la mort des enfants en bas-âge non baptisés, le roi Henri II a décrété cette loi qui stipule :

"Et estant duement avertis d'un crime très-énorme et exécrable, fréquent en nostre royaume, qui est, que plusieurs femmes ayant conceu Enfant par moyens deshonestes ou autrement, persuadées par mauvais vouloir et conseil, déguisent, occultent et cachent leurs grossesses, sans en rien découvrir et déclarer : Et avenant le temps de leur part, et délivrance de leur fruit, occultement s'en délivrent puis le suffoquent, meurdrissent, et autrement suppriment, sans leur avoir fait impartir le saint sacremeat du baptême : ce fait, les jettent en lieux secrets et immundes, ou enfouissent en terre profane ; les privans par tel moyen de la sépulture coûtumière des chrétiens"

Et les sanctions envers les mères reconnues coupables étaient très radicales puis qu'elles encouraient la peine de mort comme l'indique ledit Edit :

"statué et ordonné, et par édit perpétuel, loi générale et irrévocable, de notre propre mouvement, pleine puissance et autorité royale, disons, statuons, voulons, ordonnons et nous plaît, que toute femme qui se trouvera deuement atteinte et convaincue d'avoir celé, couvert et occulté, tant sa grossesse que son enfantement, sans avoir déclaré l'un ou l'autre, et avoir prins de l'un ou de l'autre témoignage suffisant, même de la vie ou mort de son enfant, lors de l'issue de son ventre, et qu'après se trouve l'Enfant avoir esté privé tant du saint sacrement de baptême, que sépulture publique et accoutumée, soit telle femme tenue et réputée d'avoir homicide son Enfant. Et pour réparation, punie de mort et dernier supplice"


Edit qui fut d'ailleurs "reconduit" par Louis XIV en 1708....
Le curé des paroisses devait donc rappeler régulièrement cet Edit, et les femmes devaient alors déclarer leur grossesse et la naissance de l'enfant.....

mercredi 7 décembre 2011

Une reconversion !

En parcourant les registres paroissiaux de Cenan (petite commune rattachée à la commune de La Puye au début du 19éme siècle), je suis tombé sur cette acte de "reconversion".
Où comment, des protestants décidèrent de se convertir à la "religion catholique apostolique et romaine".
Nous sommes le 29 Avril 1686...


On peut y lire que des personnes de familles plutôt aisées ("Escuyer" et "Demoiselle") ont "juré la main sur le Saint Evangile qu'elles embrassaient la religion catholique apostolique et romaine".

Marthin LUTHER était un moine germanique qui a osé se soulever contre les positions du Pape. Pour cela il fut excommunié en 1521.
Cela lui permettra d'ailleurs de se marier en 1525 et d'avoir 6 enfants !
Il fut à l'origine du mouvement du protestantisme, puisque de plus en plus adeptes étaient d'accord avec ses propos, si bien que les premiers protestants étaient appelés les "Luthériens".


Les idées de LUTHER furent portées en France par Jean CALVIN, homme de lettres né en Picardie en 1509.
Rappelons qu'au 16éme siècle, les Guerres de religion, entre catholiques et protestants font rage !
Seul l'Edit de Nantes y mettra temporairement fin en 1598.
L'Edit de Nantes a été signé par le roi Henri IV, lui-même, ancien protestant converti au catholicisme afin de pouvoir accéder au trône....
Je dis "temporairement", car l'Edit de Fontainebleau, signé par Louis XIV en 1685 révoque l'Edit de Nantes !

On comprend donc mieux pourquoi ces demoiselles et tristes sieurs se rendent à l'église de Saint-Hilaire de Cenan pour se convertir en 1686 à la seule et unique religion autorisée !